Corona Reset : un changement est possible

La crise actuelle impacte toutes les tranches de la population d’une manière ou d’une autre. Les jeunes sont aussi touchés par cette pandémie. Cette semaine, nous avons rencontré Samuel Lippolis, permanent Jeunes CSC, pour discuter de la situation des jeunes durant cette période de crise, des actions mises en place et des perspectives à venir.

Jeunesse, Coronavirus et CSC : quelles situations vivent les jeunes durant cette crise ?

Bien que majoritairement épargnés sur le plan sanitaire, les jeunes subissent la crise du coronavirus au travers des multiples mesures prises, notamment au travers de l’emploi. Samuel Lippolis nous relate un « amas assez massif d'inscriptions ». En effet, certains jeunes se retrouvent au chômage temporaire et « doivent s’inscrire auprès d’un organisme de paiement ».

« Être étudiant.e est une situation assez précaire de base ». La crise actuelle n’a pas arrangé les choses. Suite au confinement, de nombreux/nombreuses étudiant.e.s ont perdu leur job. Ce travail leur permettait d’assurer leurs responsabilités financières. Sans revenu, ils se voient obligés de se tourner vers leurs parents afin de subvenir à leurs besoins. Cette dynamique peut « créer des risques [pour les] parents qui ne travaillent peut-être même plus suite au chômage temporaire ».

Sensibilisation et engagement : 

Face à la pandémie mondiale et aux impacts qu’elle a sur nous, les citoyens prennent « conscience des acquis sociaux [que nous avons] : la nécessité d’un syndicat, d’une mutuelle, d’une sécurité sociale comme la nôtre. C’est malheureux à dire mais on se rend compte avec la crise que ce système aide. » Cette observation s’effectue aussi chez les jeunes. Ceux-ci se questionnent. Ils réfléchissent sur la gestion de la crise, le temps et les priorités ainsi que leur implication sociale. Une conscientisation semble voir le jour. Samuel Lippolis explique :

« Il y a un bon nombre de jeunes qui s’intéressent de plus en plus à ce qui se passe. A la situation, aux mesures effectuées par le gouvernement. Il y a aussi un intérêt de comprendre dans quel jeu ils sont et les enjeux. Évidemment, [cette réflexion se fait] à partir de leur statut [car] c’est plus difficile de se mettre à la place des autres. Ils se rendent compte dans quel jeu ils sont, quelles sont leurs difficultés et comment les comprendre sur le plan politique. Il y a là quelque chose d’intéressant. Il y en a qui veulent juste le savoir et d’autres qui veulent [s’engager]. »

L’arrivée de nouveaux/nouvelles militant.e.s permet de raviver l’engagement de tous. Bien que mobilisé et engagé, une certaine monotonie peut s’se installer. L’arrivée de nouvelles têtes permet l’émergence d’idées neuves, mais aussi de remettre en place certaines dynamiques.

Jobiste et #HungryGame : les campagnes faites par et pour les jeunes

La CSC et ses jeunes perçoivent que la crise actuelle peut être un « basculement soit vers des travers qui seront encore plus difficiles [socialement] soit une aubaine pour créer un mouvement [porteur de] revendications ». Partant de ce constat, des campagnes axées sur la communication et la sensibilisation ont été mises en œuvre. « L’idée est de recréer une dynamique forte pour nos revendications [et] messages politiques, sur lesquels les gens peuvent s'impliquer » souligne notre permanent Jeunes. Samuel Lippolis nous explique les deux principales campagnes organisées actuellement.

Face aux différentes situations rencontrées par les étudiants jobistes, une « campagne jobiste » s’est organisée début avril. Elle a été particulièrement suivie et relayée sur les réseaux sociaux qui sont devenus des lieux incontournables pour la militance pendant le confinement. Samuel Lippolis en détaille la raison :

« Il y a des jeunes qui se sont sentis impliqué et vivent la situation de plein fouet. Il y en a d’autres qui voient la situation un peu plus de l’extérieur mais comme ils sont conscients de la situation, ils relaient la pétition et la signent ».

Grâce à la campagne jobiste et aux revendications, un budget de 2,25 millions d’euros a été octroyé aux Hautes Ecoles et aux universités afin d’aider leurs étudiants. Ceux-ci peuvent s’adresser au service social de leur école afin d’obtenir un soutien financier. Il s’agit d’une première victoire, mais les Jeunes CSC ne comptent pas s’arrêter là :

« On voudrait qu’il y ait une contribution plus conséquente du patronat. […] Il est légitime que les grosses entreprises puissent contribuer. Le bon point, c’est que quelque chose a été débloqué. Le point sur lequel on veut encore travailler, c'est plus de contributions au niveau patronal ».

Face à cette avancée, les Jeunes CSC sont conscients de l’importance de rester en alerte sur les acquis sociaux. Ils prêtent attention aux travers qui peuvent surgir, notamment en ce qui concerne les mesures approuvées par le gouvernement à propos de la limite d’heures pour les jobs étudiants. En effet, si certains ont perdus leur job, d’autres sont appelés par les employeurs qui ont reçu l’accord pour faire appel à des étudiants sans limitation des heures prestées. Toutefois, la vigilance reste de mise :

« En situation de crise, il n’y a pas forcément de soucis (bien que cela soit une fausse bonne solution pour diverses raisons). On craint qu’après la situation de crise, ce plafond ne soit pas remis. Les étudiants ont besoin d’aide et d’argent mais il ne faut pas que ça devienne une concurrence face aux autres travailleurs. Il va falloir se battre pour éviter que certaines victoires puissent en déforcer d’autres. »

La seconde campagne est une campagne de solidarité entre les travailleurs axée sur le 1er mai, nommée #HungryGames. Il s’agit notamment de montrer son soutien aux travailleurs des secteurs essentiels. En cette période, des gens sont touchés par le virus, ils perdent des membres de leur famille, etc. Il est essentiel de « montrer qu’on est solidaire ».

Renforcer les solidarités

Samuel Lippolis utilise le terme de « Corona Reset » pour parler de la période que nous vivons : « C’est un peu profiter de cette situation de crise, comme une remise à zéro, pour partir sur des lignes plus viables écologiquement, socialement, égalitaire entre les personnes ». Les campagnes mises en œuvre ne sont qu’un début. La situation actuelle engendrera des changements, « mais il faut que [ceux-ci] soient au profit des citoyens, de ce qu’on souhaite défendre en tant qu’organisation. Il faut mettre toutes les chances de notre côté ». Nous sommes dans un moment charnière : « c’est une occasion pour que les gens puissent ouvrir les yeux et se rendre compte du pouvoir qu’ils ont en tant que citoyens ».

Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de sensibilisation. Le confinement permet, comme nous le suggérons ci-dessus, « de se recentrer, se poser les bonnes questions, se sensibiliser aux choses qui se passent mal. […] On se rend compte que le modèle économique, le modèle de gestion – notamment dans le secteur hospitalier avec les flux tendus – ne fonctionne pas ».

Un processus d’éducation permanente se met en place par le partage : « Le fait d’avoir du temps permet de développer son avis, sa propre opinion et de pouvoir le communiquer avec d’autres pour construire cette opinion ensemble ». On le perçoit, entre autres, à travers les jeunes, vivants certes des situations différentes (CEFA, jobistes, chômage temporaire, etc.), mais partageant leur expérience et tentant de « faire évoluer leur manière de juger et de penser les choses ».

Lors du déconfinement, un second temps sera indispensable : celui de l’action, « développer une dynamique de mouvement social plus fort […] pouvoir mobiliser et avoir plus de poids politique ».  Un autre enjeu sera de faire face à la crise sociale qui va découler de cette crise du coronavirus. Il sera nécessaire, en tant que mouvement, de faire quelque chose.

Pour conclure, tout comme le souligne Samuel Lippolis, il y a deux éléments à retenir :

En premier, l’importance de « construire des ponts [entre chaque composante de la société] au lieu de construire des murs. Un mouvement fort est un mouvement qui communique avec les autres, qui est solidaire avec les autres, même si le projet de société est sensiblement différent. L’important c’est que ce soit en faveur de l’humain, de la solidarité, de l’égalité. Construire des ponts entre nous peut être une des clés pour appuyer nos revendications ».

En second, « l’émergence des initiatives citoyennes et solidaires naissant à partir de cette crise » qui sont à soutenir sans « oublier que les solidarités existaient avant. Ces solidarités se sont structurées et sont devenues la sécurité sociale, les syndicats, le mouvement ouvrier chrétien. C’est devenu toutes ces organisations. En tant que personne travaillant dans ces organisations, nous travaillons pour l’héritage de solidarités qui ont perduré. Il faut que les gens se rendent compte que la solidarité n’est pas née avec le coronavirus. La solidarité était là et a déjà produit de belles choses [comme] nos organisations. C’est primordial de rappeler aux gens que les solidarités doivent se poursuivre. [Nous avons] encore un rôle à jouer. Il faut que cette crise du Corona soit l’opportunité de réinventer la société. »

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